Glass Marcano : la première femme noire cheffe d’orchestre symphonique en France! 

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Des marchés du Venezuela à l’Opéra de Tours, c’est une ascension fulgurante digne d’un conte de fée que celle de la jeune vénézuélienne de 24 ans. Encensée par ses confrères, Glass Macano est devenue le 6 février dernier la première femme noire à diriger un orchestre symphonique en France.

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Glass Marcano ©Facebook Glass Marcano

Cheveux tirés en arrière, lunettes sur le nez, baskets blanches et tenue de jogging, Glass Marcano est assise sur un tabouret haut. Elle n’hésite pas à en descendre régulièrement pour préciser ses consignes, partitions en main.

Née au Venezuela, son parcours a tout l’air d’un conte de fée. Passionnée de musique, elle entend parler du concours international de cheffes d’orchestre organisé par la Philharmonie de Paris et le Paris Mozart Orchestra.

La jeune femme de 24 ans manie d’un geste ample la baguette, sans jamais se départir de son large sourire.

Elle décide alors de la faire venir à Paris. L’espace aérien du Venezuela fermé en raison de la crise sanitaire, c’est à bord d’un avion humanitaire que Glass va embarquer. Elle arrive dans des conditions difficiles, ne parlant ni anglais ni français. Mais son talent hors normes éblouit le directeur de l’Opera de Tours, qui lui confie la direction de l’orchestre pour un concert, le 7 février 2021.

« Joue ce passage comme les vagues sur la mer !« , lance-t-elle à un musicien dans un mélange de français et d’anglais.

A l’issue des répétitions, la Vénézuélienne lève les yeux vers les dorures et les velours rouges du théâtre à l’italienne de Tours. « Je vis un rêve éveillé comme dans un film

« , savoure-t-elle. « Mais, dans ce théâtre, je réalise que c’est bien la réalité !« 

Glass Marcano

Glass Marcano ©Arte Concert

Un parcours digne d’un conte de fée

Son parcours a en effet tout d’un conte de fée… à tempo accéléré. Ayant entendu parler de la première édition de La Maestra, elle a tout fait pour participer à ce concours international de cheffes d’orchestre organisé par la Philharmonie de Paris et le Paris Mozart Orchestra, comme elle le raconte :

Je voulais faire ce concours à tout prix. Pour payer les 150 euros de frais d’inscription, j’ai vendu des fruits sur les marchés, chez moi, dans l’Etat d’Yaracuy. Ce concours a fait basculer ma vie en quelques jours

Certes, la jeune femme n’a pas gagné le premier prix, mais elle a impressionné Claire Gibault, la cheffe du Paris Mozart Orchestra. Organisatrice du concours, elle est époustouflée par les prestations de la jeune femme :

C’était la première fois qu’elle prenait l’avion et qu’elle sortait de son pays. C’est un beau conte de fée moderne

« Elle est inspirée, habitée« 

Son énergie et sa façon de diriger très intuitive, loin des codes classiques, ont aussi impressionné le directeur de l’Opéra de Tours. A tel point que Laurent Campellone a décidé de lui confier une baguette, et explique :

Elle marque une étape dans l’histoire de la musique occidentale. Le fait qu’elle soit la première femme noire à diriger un orchestre n’est qu’anecdotique face au fait qu’elle est une immense musicienne. Nous avons trois ou quatre grands chefs de ce niveau par génération. Glass en fait partie.

Glass Marcano

Glass Marcano ©Arte Concert

Et les membres de l’Orchestre symphonique du Centre-Val de Loire ont pu constater son charisme dès les premières répétitions. Audrey Rousseau, l’un des deux violons de l’opéra de Tours, en témoigne :

La barrière de la langue l’empêche de rentrer dans des détails techniques pour l’instant. Mais ça ne pose aucun problème. Elle est très inspirée, habitée. Elle respire la musique

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Glass Marcano ©Facebook Glass Marcano

Reste maintenant à façonner ce talent brut. Issue du programme d’enseignement « El Sistema », qui propose une méthode d’apprentissage alternative de la musique, en parallèle d’une intégration sociale pour les jeunes défavorisés, Glass Marcano a commencé le violon à 8 ans. Elle s’oriente ensuite vers des études de droit, tout en dirigeant des orchestres d’enfants. La jeune femme vient d’intégrer le conservatoire régional de Paris dans la classe de perfectionnement.

En attendant de poursuivre son ascension, elle a pu diriger son premier concert samedi à Tours. Faute de public, la cheffe a dirigé son orchestre dos au vide, impatiente de rencontrer le public dans le monde entier :

Je rêve de diriger à Vienne, à Londres, à la Scala de Milan. Mais pour ça, je sais qu’il faut continuer de travailler, travailler toujours et encore


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