[Classement] Les 20 Africains les plus influents en 2020

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Dirigeants de grandes entreprises, sportifs, artistes en vue, scientifiques ou politiques : qui sont les 100 personnalités africaines incontournables en cette année 2020 ? Versuce dévoile le deuxième quart de son palmarès (de la 1e à la 20e place).

20 – Masai Ujiri (Nigeria)

Raptors President Masai Ujiri celebrates on his way to receive his ring as the Toronto Raptors open the season against the New Orleans Pelicans with...

ORONTO, ON- OCTOBER 22 – Raptors President Masai Ujiri celebrates on his way to receive his ring as the Toronto Raptors open the season against the New Orleans Pelicans with a 130-122 overtime win at Scotiabank Arena in Toronto. October 22, 2019. (Steve Russell/Toronto Star via Getty Images)

Ce Nigérian de tout juste 50 ans dirige l’équipe des Raptors de Toronto, qui a remporté en 2019 le premier titre de NBA de son histoire. Fondateur du programme de formation Giants of Africa, destiné au Ghana, au Nigeria, au Kenya et au Rwanda, le manager continue de promouvoir les talents africains.

Une politique qu’il applique à son propre club, où évoluent notamment l’Hispano-Congolais Serge Ibaka et le Camerounais Pascal Siakam. Masai Ujiri est par ailleurs très impliqué dans la lutte contre le racisme et pour la représentation des Noirs dans le monde du basket. Il n’hésite pas à pointer du doigt le manque de diversité dans les postes de haut niveau au sein de la NBA.

19 – Baba Ahmadou Danpullo (Cameroun)

De l’agriculture aux télécommunications en passant par l’élevage, l’immobilier ou encore la finance, la plus grosse fortune d’Afrique francophone (920 millions de dollars en 2019, selon Forbes) est aujourd’hui à la tête d’un empire qui ne cesse d’étendre ses tentacules.Résultat de recherche d'images pour "Baba Ahmadou Danpullo"

Son nouveau terrain d’action : la finance mobile. En juin, les médias locaux ont annoncé la création de la société Best Pay. Cette start-up dotée d’un capital de 500 millions de francs CFA (762 000 euros) entend fournir des services de paiement électronique.

Alors qu’il est en conflit avec ses partenaires vietnamiens pour le contrôle de Nexttel, troisième opérateur de téléphonie mobile au Cameroun, l’homme d’affaires a fait une entorse à sa discrétion habituelle. Pour tenter de faire pencher en sa faveur l’arbitrage engagé par les autorités camerounaises, Baba Danpullo n’a pas hésité à plaider sa cause dans les médias. En attendant, la crise qui secoue Nexttel se répercute à l’intérieur de l’entreprise, où des grèves à répétition perturbent son bon fonctionnement.

18 – Patrice Motsepe (Afrique du Sud)

Le milliardaire Patrice Motsepe aux États-Unis, en 2015.

Premier associé noir d’un cabinet d’avocats sud-africain, premier milliardaire noir du pays, beau-frère du président Cyril Ramaphosa, Patrice Motsepe a fait fortune dans le secteur minier. Né à Soweto en 1962, il a effectué une partie de ses études aux États-Unis, avant de revenir dans son pays et de militer à l’ANC.

Très sensible au sort des populations noires d’Afrique du Sud, il s’engage en leur faveur et effectue de nombreux dons, soit directement soit via la Motsepe Foundation, qui est particulièrement active dans les domaines de la santé et de l’éducation.

En janvier 2020, c’est le faux pas. Lors d’un dîner organisé au Forum économique mondial de Davos, il lance au président américain Donald Trump : « L’Afrique aime l’Amérique. L’Afrique vous aime. » Rapidement relayée sur les réseaux sociaux, la déclaration vaut à Patrice Motsepe un flot d’injures et d’attaques.

Le milliardaire rectifie rapidement le tir, explique que son but était simplement d’encourager le dialogue entre l’administration américaine et les entrepreneurs africains, avant de reconnaître qu’il n’avait pas à s’exprimer au nom de qui que ce soit. Malgré ces excuses, la petite phrase continue de lui coller à la peau.

17 – Dambisa Moyo (Zambie)

L'économiste zambienne Dambisa Moyo à Madrid, en 2011.

Sa notoriété et son influence mondiale, la Zambienne de 51 ans, née à Lusaka et diplômée d’Oxford et de Harvard, les a bâties en quelques livres chocs. Dans Dead Aid, paru en 2009, elle assure que l’aide au développement ne fait qu’accroître la pauvreté dans les pays qui la reçoivent. L’ouvrage est un best-­seller et fait immédiatement de Dambisa Moyo une voix qui compte, l’hebdomadaire américain Time l’intégrant à son classement des 100 femmes les plus influentes de la planète.

Suivent How the West Was Lost, en 2011, sur le déclin des puissances occidentales, puis Winner Take All, en 2012, dans lequel elle analyse l’appétit grandissant de la Chine pour les ressources naturelles du reste du monde et la place de plus en plus centrale que Pékin va occuper.

Devenue incontournable, l’économiste, qui vit maintenant à Londres, est sollicitée sur tous les grands sujets, et, naturellement, elle a été appelée à s’exprimer sur la crise économique née du Covid-19. Elle plaide en faveur d’un « plan Marshall pour l’Afrique » et prédit que dans le monde post-pandémie les États vont retrouver un rôle plus important.

16 – Mark Bristow (Afrique du Sud)

Mark Bristow, chief executive officer of Randgold Resources Ltd., speaks on the second day of the Investing in African Mining Indaba in Cape Town,...

Mark Bristow, chief executive officer of Randgold Resources Ltd., speaks on the second day of the Investing in African Mining Indaba in Cape Town, South Africa, on Tuesday, Feb. 7, 2017. A mix of shrinking reserves, rising labor costs, frequent stoppages and regulatory uncertainty has prompted major miners to rethink their presence in the country, home to the worlds largest platinum, chrome, and manganese reserves and the source of one-third of all gold ever mined. Photographer: Halden Krog/Bloomberg via Getty Images

Pionnier de l’exploitation du métal jaune en Afrique de l’Ouest avec Randgold, qu’il a fondé en 1995, le bouillonnant Sud-Africain Mark Bristow est désormais à la tête du numéro deux mondial du secteur de l’or, Barrick, avec lequel il a fusionné sa première compagnie en janvier 2019.

Depuis cette opération, il exploite des mines sur tous les continents, et plus seulement en Afrique, mais en gardant le modèle qui a fait le succès de Randgold : une direction générale réduite à son strict minimum, centrée sur les performances opérationnelles et sachant déceler des opportunités de classe mondiale, c’est-à-dire pouvant produire chacune plus de 500 000 onces par an.

À LIRE Mark Bristow (Barrick Gold) : « Nous avons l’intention d’étendre notre empreinte africaine »

Constamment sur le terrain, connu pour son franc-parler vis-à-vis des gouvernements sur les questions de gouvernance et de réglementation, Mark Bristow a fait émerger en Afrique de l’Ouest et en RD Congo une génération de cadres locaux compétents qui sont désormais aux manettes des sites africains de Barrick.

15 – Fally Ipupa (RD Congo)

Fally Ipupa, chanteur congolais

Pointé du doigt pour sa proximité – qu’il conteste – avec l’ex-président Joseph Kabila et son successeur, Félix Tshisekedi, « l’aigle du Congo » a failli voir son concert à l’AccorHotels Arena de Paris annulé, à la fin de février, sous la pression d’opposants congolais radicaux. Après le succès de sa prestation, le chanteur a annoncé la sortie du titre Allô téléphone, extrait de son prochain album Tokoss 2.

Diffusée en juin sur toutes les plateformes de streaming, la chanson a comptabilisé un million de vues quarante-huit heures après sa mise en ligne. Réputé pour ses pas de danse et sa maîtrise de la rumba congolaise, Fally Ipupa est également connu pour son engagement en faveur des victimes de violences sexuelles dans son pays natal.

À LIRE RDC : Fally Ipupa, sous l’aile de « l’aigle »

Il s’est impliqué dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 en distribuant près de 2 500 masques par l’intermédiaire de la Fally Ipupa Fondation et en offrant un chèque de 20 000 euros aux responsables de l’Hôpital de Panzi, à Kinshasa. Ces fonds représentent 10 % du cachet obtenu par l’artiste pour se produire à Paris.

14 – A’Salfo/Salif Traoré (Côte d’Ivoire)

Salif Traore, alias A'Salfo, en concert à Abidjan, en août 2017

C’est peut-être la décision la plus difficile qu’il a dû prendre depuis qu’il a créé le Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua), à Abidjan. En mars, Salif Traoré, dit A’Salfo, a dû, la mort dans l’âme, annuler la 13e édition du festival, qui devait notamment accueillir Youssou Ndour, Koffi Olomidé et Vegedream.

« Nous ne voulions pas mettre en place un foyer de contamination », nous explique-t-il. L’artiste et homme d’affaires de 41 ans s’est donné jusqu’à septembre pour trancher la question du report du festival d’ici à la fin de l’année. En attendant d’y voir plus clair, il doit encaisser un autre coup dur avec l’annulation de la tournée internationale de son groupe Magic System.

À LIRE Report du Femua – A’Salfo : « Nous ne voulions pas mettre en place un foyer de contamination »

Ces contretemps ont néanmoins permis à Salif Traoré de se poser une nouvelle fois en businessman responsable, qui place la santé au-dessus des enjeux financiers. Et le confinement n’empêche pas le stratège d’afficher son soutien à différentes personnalités politiques (ambassadeurs, préfet d’Abidjan, première dame…) sans choisir de camp, sinon celui des Ivoiriens, comme toujours.

13 – Alioune Ndiaye (Sénégal)

Alioune Ndiaye, PDG d’Orange Africa, à Paris, en 2018

En janvier, le Sénégalais Alioune Ndiaye inaugurait fièrement le nouveau siège Afrique d’Orange (qu’il dirige depuis 2018), à Casablanca. À charge maintenant pour le diplômé de l’Institut Mines-Télécom Business School et de l’université Paris-Dauphine, longtemps à la tête de la filiale sénégalaise du groupe Sonatel, de concrétiser les objectifs financiers fixés par son PDG, Stéphane Richard.

À LIRE Alioune Ndiaye (Orange) : « Je ne crois pas que le coronavirus sera la catastrophe décrite »

D’ici à 2025, Orange ambitionne de réaliser 20% de son chiffre d’affaires en Afrique. Pour y parvenir, Alioune Ndiaye lancera en fin d’année Orange Bank en Côte d’Ivoire, avant de cibler d’autres pays de l’Uemoa. Surtout, il essaiera de décrocher une licence en Éthiopie, pays de plus de 100 millions d’habitants – qui a décidé d’ouvrir le secteur des télécoms à la concurrence –  et d’entrer sur un autre grand marché : Afrique du Sud, Nigeria ou, pourquoi pas, Algérie.

Ces projets pourraient être financés grâce à l’introduction en Bourse du holding qui réunit toutes les opérations africaines de l’opérateur.

12 – Mahmoud Dicko (Mali)

L'imam Mahmoud Dicko sur la place de l'Indépendance, à Bamako, le 5 juin 2020.

Un imam peut-il devenir un jour président du Mali ? La question n’a rien d’incongru quand on voit les démonstrations de force dont est capable Mahmoud Dicko. Le 5 juin, son appel réunit une foule immense à Bamako. Le credo des manifestants : Ibrahima Boubacar Keïta (IBK) doit démissionner.

À la tribune, le leader religieux attaque frontalement le président du Mali, qu’il avait pourtant soutenu en 2013. « Cette fois, IBK le regrettera, et sa sortie du pays sera violente », prévient-il.

Né en 1954 à Tonka, dans la région de Tombouctou, chantre de l’islam wahhabite, ce père de famille de dix enfants s’est formé en Mauritanie et en Arabie saoudite. En avril 2020, il quitte la présidence du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM), continue de prêcher dans sa mosquée de Badalabougou, sur la rive sud de Bamako, et répond à de nombreuses sollicitations.

À son domicile, les personnalités viennent plaider leur cause et, malgré leurs divergences, le président IBK l’a souvent consulté. Mais la crise politique actuelle a confirmé l’imam dans son rôle d’opposant.

Devenu l’un des leaders du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), il appelle au calme tandis que ses partisans, craignant son arrestation, ont transformé le quartier qui entoure sa mosquée en camp retranché.

11 – Black Coffee  (Afrique du Sud)

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Sur sa page Facebook (suivie par près de 2,2 millions de fans), l’icône de la house sud-africaine enrage de ne pas mixer cet été à Ibiza, comme il le fait d’habitude. Et promet « la tempête » pour 2021 !

Le musicien de 44 ans n’est pourtant pas resté les bras croisés ces derniers mois, malgré le confinement. Il a notamment réalisé des concerts depuis chez lui afin de récolter des fonds pour venir en aide aux Sud-Africains les plus démunis. Sa campagne « Home Brewed » lui a permis de réunir plus de 31 000 dollars.

DJ donc, mais aussi chanteur, producteur et propriétaire du label Soulistic Music, Nkosinathi Innocent Maphumulo, de son vrai nom, s’est autant imposé comme artiste que comme businessman. Selon le magazine Forbes, sa fortune s’élève à 60 millions de dollars, ce qui fait de lui le deuxième musicien le plus riche d’Afrique, derrière Akon.

10 – Denis Mukwege (RD Congo)

Le docteur Denis Mukwege à Paris, en 2016

Denis Mukwege est un homme intransigeant. Dès le mois de mars, le médecin, Prix Nobel de la paix 2018

Denis Mukwege est un homme intransigeant. Dès le mois de mars, le médecin, Prix Nobel de la paix 2018, s’engage dans la lutte contre le coronavirus au sein d’un comité ad hoc dans sa province du Sud-Kivu (est de la RD Congo). Il préconise alors la mise en place d’une stratégie :  tester, identifier, isoler, traiter. Trois mois plus tard, dénonçant le manque de moyens et le « déni des réalités » de l’épidémie dans son pays, il claque la porte du comité, condamnant les « faiblesses organisationnelles de la riposte ».

9 – Matshidiso Moeti (Botswana-Afrique du Sud)

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Le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, le 23 mai 2018, à Genève. © Denis Balibouse, Reuters

Le Dr Matshidiso Moeti est la première femme à occuper le poste de directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, dont le siège est à Brazzaville. Nommée en février 2015, elle a été reconduite dans ses fonctions au début de 2020. À ce poste, la Botswanaise a dû faire face aux épidémies d’Ebola et de choléra avant d’affronter le Covid-19.

Travaillant pour le département Afrique de l’OMS depuis près de vingt-deux ans, Matshidiso Moeti est à l’origine de l’initiative des chefs d’État africains, lancée en février 2019, qui vise à accroître les investissements dans le domaine de la santé en vue d’instaurer la couverture santé universelle à l’échelle du continent.

8 – Akinwumi Adesina (Nigeria)

Akinwumi Adesina à Paris, en 2015

Il y a un an, Akinwumi Adesina s’imaginait réélu par acclamation à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), poste qu’il occupe depuis septembre 2015. En octobre 2019, après d’intenses négociations avec les actionnaires non africains de l’institution, États-Unis en tête, il a obtenu le doublement, à 208 milliards de dollars, du capital autorisé de la BAD.

Las ! Une révolte interne a ruiné le scénario idyllique du leader nigérian. Au début de janvier, des lanceurs d’alerte ont adressé au comité d’éthique de l’institution une longue liste de griefs – parvenue à Jeune Afrique – contre la gouvernance, le management et divers financements approuvés sous sa présidence.

Véritable scandale ou manœuvre d’intrigants ? Les avis restent partagés, malgré un rapport du comité d’éthique rejetant sommairement, en mai, les allégations des salariés. Un audit de ce rapport a depuis été confié à l’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson. Ses conclusions seront scrutées avec attention avant l’élection prévue à la fin d’août.

7 – Angélique Kidjo (Bénin)

La chanteuse béninoise Angélique Kidjo

Star incontestée de la musique africaine depuis trois décennies, Angélique Kidjo a remporté en début d’année son cinquième Grammy Award, face à un Burna Boy donné largement favori. Née dans un environnement propice à la créativité, d’une mère chorégraphe et d’un père photographe, la chanteuse béninoise allie musique africaine et musique occidentale.

Celle qui inspire la jeune génération d’artistes du continent est également connue pour son militantisme. À travers la Fondation Batonga, qu’elle a créée en 2006 au Bénin, elle s’engage en faveur de l’autonomie et de l’éducation des adolescentes en Afrique subsaharienne.

Également ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef depuis 2002, à tout juste 60 ans, elle s’investit dans la lutte contre le coronavirus. Elle vient de reprendre le titre Pata Pata, de la Sud-Africaine Miriam Makeba, pour le compte de l’organisation onusienne, en adaptant les paroles afin de sensibiliser aux gestes barrières.

6 – Ade Ayeyemi (Nigeria)

S’il espérait connaître une année plus calme, c’est raté. Celui qui bataille face aux actionnaires et aux syndicats depuis ses débuts à la tête d’Ecobank en 2015 – pour cause de dividendes toujours repoussés et de baisse continue des effectifs – fait face aujourd’hui à un énième défi. Et non des moindres : l’impact économique du Covid-19.

Le cost-killer, comme on le surnomme, a tranché dès la fin de mars : « L’année s’annonce exceptionnellement trouble. » Depuis son bureau de Lomé, le Nigérian pilote un paquebot qui compte 15 000 employés et gère pas moins de 23 millions de clients répartis dans 35 pays d’Afrique. Une tâche ardue, tout particulièrement en période de distanciation physique et de croissance en berne.

Mais le banquier, qui a fait ses classes au sein de Citigroup, essaie de rester optimiste. « La crise nous permet de penser l’économie d’après, a-t-il ainsi déclaré. Si nous prenons les bonnes décisions, nous pourrons en sortir renforcés. »

5 – Koos Bekker (Afrique du Sud)

Né à Potchefstroom en 1952, Koos Bekker est à la tête d’une fortune estimée à 2,3 milliards de dollars. Après un début de carrière dans la publicité, il fonde avec quelques jeunes collègues M-Net, l’un des deux premiers services payants de télévision en Afrique du Sud.

En 1997, il devient le PDG du groupe de médias Naspers et y met en place un système de rémunération bien particulier : il ne touche ni salaire, ni bonus, ni avantages, recevant uniquement des stock-options. En quinze ans, la capitalisation boursière de Naspers est passée d’environ 1,2 milliard de dollars à… 45 milliards de dollars.

4 – Abdul Samad Rabiu (Nigeria)

C’est un rival d’Aliko Dangote, figure indéboulonnable du haut du classement, qui fait son entrée dans le palmarès de cette année. Abdul Samad Rabiu, 59 ans, originaire lui aussi de Kano, est la huitième fortune d’Afrique, selon le magazine Forbes.

Après avoir commencé sa carrière d’entrepreneur dans l’import de riz, de sucre et d’autres matières premières, le patron de BUA Group défend aujourd’hui les capacités de production du pays qui l’a vu naître.

À la tête d’un empire qui s’étend du ciment à l’agro-industrie, en passant par l’immobilier et la logistique portuaire, celui que l’on dit proche du vice-président Yemi Osinbajo déclare désormais : « Il n’y a pas de raison que le Nigeria importe sa nourriture. »

3 – John Nkengasong (Cameroun)

John Nkengasong, directeur des Centres africains de prévention et de lutte contre les maladies au siège de l'Union africaine, à Addis-Abeba, en mars 2020.

John Nkengasong est le premier membre de sa famille à avoir poursuivi des études supérieures. Aujourd’hui sexagénaire, il pilote à l’échelle continentale la réponse sanitaire à la pandémie de Covid-19.

Depuis Addis-Abeba, où il dirige les Centres africains de prévention et de lutte contre les maladies (Africa CDC), un organe de l’Union africaine créé il y a seulement trois ans, il conseille gouvernements et populations. Il y coordonne aussi l’acheminement des tests de dépistage et des équipements de protection individuelle.

Virologue de formation, ce spécialiste du VIH a passé vingt ans au sein des CDC américains, en poste à Abidjan puis à Atlanta, où il a acquis une connaissance fine des questions de santé publique.

Calme et pédagogue, il s’insurge néanmoins contre le manque de moyens alloués à la prévention des maladies. Il lutte actuellement pour généraliser le port du masque et ne ménage pas ses efforts pour que l’Afrique prenne part à la création d’un vaccin efficace contre le coronavirus.

2 – Winnie Byanyima  (Ouganda)

Winnie Byanyima à New York, en 2018.

Engagée de longue date en faveur des droits des femmes, l’Ougandaise est depuis 2019 la première femme à diriger l’Onusida. Sa première mission est de restaurer les comptes et la crédibilité de l’organisation, épinglée pour sa mauvaise gestion.

Winnie Byanyima est née en 1959 à Mbarara. Son père est alors engagé en politique, tandis que sa mère, enseignante, est une militante des droits de l’homme. Diplômée en tant qu’ingénieure aéronautique au Royaume-Uni, elle rejoint la rébellion armée qui portera Yoweri Museveni au pouvoir en Ouganda, puis se construit une brillante carrière internationale : Union africaine, Pnud et Oxfam.

Familière du Forum économique de Davos, cette féministe y porte la voix des plus vulnérables et s’en prend ouvertement aux plus grandes fortunes à propos des inégalités mondiales.

1 – Antoinette Sayeh (Liberia)

Antoinette Sayeh, directrice générale adjointe du FMI, en octobre 2019, à Washington.

Numéro deux du Fonds monétaire international (FMI) depuis le 16 mars, la Libérienne connaît parfaitement l’institution. Avant d’en être nommée directrice générale adjointe pour seconder la Bulgare Kristalina Georgieva, elle a passé huit années à la tête du département Afrique du FMI, de 2008 à 2016, gérant plusieurs dossiers épineux : coordination d’un financement à taux nul pour les pays les plus touchés par l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola en 2015, suspension de l’aide au Mozambique en 2016 après le scandale de la dette cachée, etc.


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