Amazon sur le point d’acquérir AMC, la plus grande chaîne de salles de cinéma au monde

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Les actions de la plus grande chaîne de salles de cinéma au monde, AMC (American Movie Classics), qui a été durement touchée par le confinement, ont augmenté de 30% suite à des rumeurs de conversations avec Amazon concernant une possible acquisition.

La santé financière d’AMC, qui a maintenant une dette de 4,9 milliards de dollars (4 milliards d’euros), est depuis longtemps remise en question, et plusieurs analystes ont affirmé que la faillite n’était qu’une question de temps, ce qui mettrait Amazon dans la position d’un chevalier blanc venant à son secours. La chaîne de télévision est actuellement évaluée à moins de 500 millions de dollars (415 millions d’euros), ce qui invite à la spéculation par rapport aux récentes transactions passées telles que l’acquisition de Whole Foods, qui valait environ 13,7 milliards de dollars (11 milliards d’euros), en juin 2017.

Pour l’instant, ce n’est qu’une spéculation. Mais pourquoi le géant Amazon voudrait-il acheter la plus grande chaîne de salles de cinéma du monde ? Tout d’abord, Amazon produit déjà beaucoup de contenu par l’intermédiaire de Prime Video, donc prendre le contrôle de points de vente pour montrer ce contenu pourrait avoir un sens. Il y a quelques mois encore, les règles antitrust américaines empêchaient les studios d’acquérir des chaînes de cinéma, de manière à empêcher un seul acteur de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur, mais en novembre 2019, le ministère de la justice a annoncé que cette règle, qui était en place depuis les années 1940, serait révisée en raison de la complexité croissante et de la présence de nouveaux acteurs dans le secteur, tels que les sociétés de streaming.

Les films seront automatiquement disponibles sur 2 200 écrans dans 244 salles en Europe et sur plus de 8 200 écrans dans 661 salles aux États-Unis.

Il est important de noter que le contenu créé par des sociétés comme Amazon ou Netflix, par exemple, ne peut pas participer à des prix et des concours comme les Oscars s’il n’a pas été diffusé dans les salles de cinéma, restrictions qui pourraient facilement être supprimées si la société elle-même contrôlait le plus grand réseau du monde. En outre, cela pourrait également servir d’incitation pour attirer et retenir les talents créatifs, selon le principe : « signez avec moi et vous pourrez diffuser votre contenu d’abord dans mes salles, puis sur Prime Video ».

| Sources : GettyImages

L’intérêt pour les locaux physiques, en revanche, n’est pas nouveau pour un dominateur de chaînes numériques comme Amazon, qui a déjà fait des incursions dans la distribution avec jusqu’à sept types de magasins différents. Les chaînes de cinéma pourraient également être utilisées pour attirer davantage d’utilisateurs vers son modèle d’abonnement Amazon Prime, l’une des activités les plus rentables de la société, de la même manière que la société le fait avec son contenu, y compris, par exemple, la possibilité d’aller dans ses salles de cinéma pour regarder un certain nombre de films chaque mois. Pour Amazon, le modèle d’abonnement est extrêmement rentable puisque chaque personne qui rejoint le club commence généralement à consommer davantage, et la société comprend très bien ce modèle : elle embellit l’accord et le nombre de choses que vous pouvez faire avec votre abonnement jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune chance que vous envisagiez de le résilier.

Nous parlons d’une entreprise d’exploitation de contenu, qui s’aventure dans l’environnement numérique depuis un certain temps déjà, mais qui pourrait sans doute bénéficier grandement des synergies créées avec ce qui est aussi le plus grand concurrent mondial en matière de cloud computing : vous créez votre film, vous le mettez sur le cloud, et il sera automatiquement disponible sur 2 200 écrans dans 244 salles en Europe et sur plus de 8 200 écrans dans 661 salles aux États-Unis.

Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, est-il sur le point d’acquérir la plus grande chaîne de salles de cinéma du monde ? Une démarche qui, pour lui, serait à peu près aussi coûteuse que l’achat d’un sceau de pop-corn l’est pour nous au cinéma.

Source : Forbes.fr


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